Fables/Souvenirs

Dimanche 6 février 2005

(histoire pour enfants)

Avant de commencer mon histoire, j'avertis les lecteurs que celle ci est un peu longue, si vous êtes "pressés"il vaudrait mieux alors ne pas la lire, je ne vous en voudrai pas. A l'école, je trouve aussi que les lectures sont trop longues, mais je ne peux pas le dire car le maître me gronderait.-

J'ai tout juste sept ans et je m'appelle Guillaume, j'ai deux sœurs et un grandfrère.

Je ne sais pas encore écrire, mais je me suis arrangé avec un grand de la famille. Un paquet de bonbons pour payer son travail. Je lui dicte au fur et à mesure mon histoire, je lui ai fait promettre de ne pas changer les mots que jelui dis. S'il écrit à sa manière, vous n'allez rien comprendre et vous direz à tout le monde que mon histoire est "moche".
Pour moi l'histoire que je vais vous raconter est presque vraie, un tout petit peu vrai... mais aussi je crois triste. "Ça" ne fait rien parce que"ça" finit bien!!!!! Ne le dites à personne...

Nous sommes deux enfants dans cette histoire, ma petite sœur de cinq ans, elle s'appelle Sarah. Je vous dis de suite qu'elle n'est pas toujours facile, c'est une gâtée et en fait qu'à sa tête. D'ailleurs mon papy me dit toujours que les filles sont plus malines que les garçons. Je ne sais pas si c'est vrai, en tous les cas quand elle fait des bêtises, c'est toujours moi qui trinque. Maintenant "ça" ne fait rien, je suis habitué, c'est une vraie petite peste!

Si moi je suis brun avec des yeux bleus, ma sœur est blonde frisée et a auss ides yeux bleus. Dans la famille on l'appelle la danseuse, je ne sais pas pourquoi, elle court aussi vite que moi, et elle est toujours sur les bouts de ses pieds. J'ai essayé de faire la même chose et à chaque fois je tombe et me trouve à terre. J'entends alors dire les gens que je ne suis pas dégourdi, je ne sais pas "pourquoi"qu'ils disent "ça".

Maintenant que vous nous connaissez un peu je vais commencer mon histoire.

"Ça" faisait presque un mois que nous avions repris l'école après lesgrandes vacances, Septembre disent les grands. Nous jouions dans le jardin, et faisions bêtises sur bêtises, et Papa et Maman nous disaient de nous calmer, ce mot, ma sœur et moi nous ne le comprenons pas trop. Nos parents disent toujours que nous faisons exprès de ne pas comprendre. Je crois bienqu'ils "ont" un peu raison.

Vers six heures du soir, nous jouions toujours, de plus en plus bruyants, nous étions sourds aux réprimandes des parents. Tout à coup, encore ma sœur, prend un balai et se met à courir après moi, en criant:
- Je t'attrape, et je vais t'assommer.
C'est vrai, elle arrive à m'attraper, et avec son balai, elle fait tellement d'effort pour me frapper qu'il arrive tout droit dans les carreaux de la
 porte de la cuisine, quatre carreaux de cassés d'un coup. C'est pas mal, de toute façon ma sœur Sarah, c'est la plus forte. Tout ce qu'elle fait, c'est toujours mieux que les autres.

J'entends la voix de Papa:
- Mais qu'est ce qu'ils ont fait encore ?
Patatra, maintenant c'est Maman qui crie.
- Ils ont tout cassé. Il ne reste plus de carreaux à la porte.
Nous étions un peu figés, nous ne bougions plus, nous regardions les dégâts que nos jeux avaient faits.

Il faut que je vous dise, mon Papa disait toujours lorsque nous n'étions pas sages qu'il nous laisserait un jour chez le 'charbonnier' en pleine forêt. Nous, nous rions toujours quand "on entendait" ce mot.
D'abord qu'est que c'est un 'charbonnier'?. Mon grand frère nous avait bien dit que c'est un homme qui fait du charbon de bois, le même qui "sert" à faire les grillades dans le jardin. Cet homme ne doit pas être trop méchant...... Les grillades c'est tellement bon !

Je reviens à mon histoire......

- C'est pas grave !. Dit alors Sarah en riant.
Mon Père fou de rage
- Ha! Cette fois ci s'en est trop, je vais les amener chez le charbonnier et les laisser. Là-bas ces petits monstres seront dressés et alors nous aurons la paix pendant quelque temps!

La phrase de Papa n'est pas terminée, que Sarah se met à rire et à chanter:
- Le 'charbonnier' ça n'existe pas, on s'en moque. Tout ça "c'est" des histoires..........

Mon Père est devenu tout rouge de colère, il nous prend par la taille, un des enfants dans chaque bras et nous envoie tout au fond de la voiture.
Ma sœur avec son caractère de toujours tout savoir continue à faire la maline ( les grands disent plutôt 'crâner', mais ce mot je ne l'aime pas et je préfère dire :comme le premier), elle est sure que notre Papa va nous ramener à la maison, car il fait tout ça pour nous faire peur.

Je crois que Sarah s'est trompée. "Ça" fait déjà un bon moment que la voiture roule, il n'y a plus de maisons sur le bord de la route. Sarah ne parle plus, de temps en temps elle me lance des regards, comme pour me demander 'où on va'. C'est maintenant le moment d'avoir la frousse, elle me donne la main en se rapprochant. Je sens de temps en temps ses doigts me serrer la main, elle a sûrement peur.

Il commence a faire très noir, on voit dans les phares beaucoup d'arbres, je suis sûr maintenant que nous sommes en pleine forêt. Ma sœur, essaie de poser des questions à Papa. Pas de réponse, je crois peut être que la colère l'a rendu sourd et muet. Il doit être beaucoup en colère parce qu'il répond d'habitude toujours aux questions qu'on lui pose. Moi aussi je commence avoir les "chocottes", Sarah est encore trop petite, elle ne comprend pas trop bien, elle fait toujours la maline mais c'est tout. Dans ma tête que de mauvaises idées. On va être sûrement
 abandonné en pleine forêt sans manger et sans couverture, on va mourir de faim et de froid. Et puis tout "ça" c'est bien la faute de cette sœur un peu folle. Qu'est ce que j'ai fait de jouer avec elle, la prochaine fois je ne m'amuserai plus.

Tout d'un coup, dans la nuit noire, je vois une lumière qui brille dans une maison qui paraît être en bois. Encore la voiture roule un peu, on se rapproche de la lumière. Papa arrête la voiture, et là je vois cette maison pratiquement toute noire. D'abord c'est une maison qui est loin d'être belle, au contraire pas accueillante comme dit Maman quand elle parle d'une maison d'où elle ne voudrait pas y habiter. Sur le devant, une grosse porte en bois, avec 2 petites fenêtres. Les carreaux sont noirs de fumée, la porte aussi a l'air d'être toute enfumée. On ne voit rien a travers ces vitres, ce sont ceux-ci que Sarah aurait dû casser avec le balai.

Je vois mon père sortir de la voiture et d'un pas décider va frapper à la porte d'entrée. Pas de réponses, je commence peut être a croire qu'on va repartir s'il n'y a personne. Je me trompe, après avoir frapper une seconde fois, nous entendons grincer la porte en s'ouvrant.

J'ai de suite peur quand je vois ce géant. Il est beaucoup plus grand que notre père. Il est habillé en noir, a des bras gros comme des branches d'arbres et des mains aussi grandes que la bêche du jardin. Une grosse tête ronde toute noire avec une barbe assez longue, noire aussi. Ses dents sont noires aussi, on ne voit pas ses oreilles, elles sont recouvertes d'un bonnet noir. Ah enfin un peu de clair, c'est de la couleur jaune, devinez quoi ?. Et Bien ce sont les yeux. De cette couleur c'est bien la première fois que j'en vois
( et vous lecteurs, lectrices, avez vous vus déjà des yeux jaunes ? Si oui alors signalez-les-moi par un E-Mail)

Après avoir parlé un bon moment, Papa se rapproche de la voiture et essaie de nous sortir de celle ci. Sarah hurle, c'est le moment maintenant, moi je suis un peu plus courageux j'accepte de descendre de mon dernier abri, je commence avoir mal au ventre, "ça" m'arrive quand seulement j'ai un peu peur, le premier jour de la rentrée de l'école ou quand le docteur me fait la piqûre de rappel.

Comme ma sœur se bat comme une folle pour ne pas sortir, j'entends une voix de tonnerre qui nous demande d'obéir. La voix aussi forte que celle qu'on entend quand on va dans les fêtes foraines. Je ne pense pas que le géant a un haut-parleur dans sa gorge, on le verrait. Non c'est tout simplement la voix du grand homme. Ma sœur la maline, sort de suite en "pleurnichant" et me serre très fort la main. Ses ongles me transpercent la peau. Elle exagère qu'à même, tout ça c'est de sa faute après tout si on est là et maintenant en plus elle griffe avec ses ongles je sens que j'ai un peu de sang sur la paume..

Le géant charbonnier nous fait entrer dans sa maison aussi "moche" que lui. Je n'ai jamais vu une maison aussi sale et toute plein de désordre, si Maman voyait ça, que dirait-elle. On n'y est pour rien, on vient d'arriver. Même les murs sont tout noir de fumée. Une table au milieu de la pièce, avec que des pommes dessus, moi qui n'aime pas trop ce fruit, je me demande avec quoi je vais être nourri. Sarah les aime, elle aura encore plus de chance que moi. Par terre il y a "plein" de cochonneries, je comprends maintenant pourquoi Maman dit toujours que notre chambre ressemble à une porcherie, mais c'est qu'a même beaucoup moins sale qu'ici.

Le 'charbonnier' nous ordonne de ne plus pleurer et de nous
 tenir tranquille, il dit aussi à notre Père de partir car il allait s'occuper de nous.

Ça commence très mal car il me dit
- Quand je te parle, regarde moi lève les yeux !
Il est bon lui, comment faire pour le regarder dans les yeux, il est trop près; alors je lève la tête, encore je lève et je vois son ventre, encore je lève et je vois sa poitrine, encore enfin je vois sa figure en même temps j'entends 'crac' dans mon cou, je crois que je me suis cassé les os du cou. C'est la première fois que je lève la tête si haut. Je plains les enfants des géants, "ça" doit toujours craquer dans leur cou.

Alors le géant me dit:

- Toi garçon tu vas faire toute la vaisselle, balayer la pièce et quand tu auras fin tu iras te coucher sans manger!
Je ne dis rien mais je crois que c'est défendu de ne pas faire manger les enfants le soir, surtout s'ils ont travaillé. Sarah ne dit plus rien, elle retient les larmes, je le sais parce qu'elle renifle sans arrêt. Elle a de la chance que Maman ne l'entend pas, elle lui dirait d'arrêter son cinéma.

Le géant s'adresse maintenant à Sarah:
- Toi, tu vas mettre de l'ordre dans la petite chambre, balayer, fais sortir le cochon et ajouter de la paille, "ça" doit vous servir de lit.
Pas de souper pour elle aussi, heureusement que dans l'après midi, "on" s'est goinfré de galettes, "on" pourra tenir pour ce soir mais demain ?

Nous voilà travaillant ma sœur et moi. C'est la première fois que je ne "rouspète" pas. De temps en temps j'entends de l'autre côté de la chambre renifler Sarah. Elle doit avoir une de ces trouilles. Bienfait pour elle, tout ça, c'est de sa faute.

Le géant nous surveillait toujours et dès qu'"on" ralentissait dans notre travail, il criait si fort que mes boyaux me faisaient mal. C'est qu'à même drôle, Sarah renifle et moi j'ai mal au ventre.

Une fois terminé, le 'charbonnier' nous amène dans la petite pièce à coté, là où il y avait le cochon et nous dit:
- «Les deux vous allez dormir sur la paille et je ne vous demande de ne pas parler car je dois dormir et je ne veux pas être réveillé.»

'CRAC, CRAC', deux
 tours dans la serrure et nous voilà en prison. Il y a qu'une petite fenêtre, mais on ne peut pas voir à travers tellement qu'elle est enfumée.

Sarah pleure maintenant, elle ne renifle plus, je luis dis de pas pleurer trop fort car le géant va encore nous crier et peut être s'il est trop énervé, "on" risque de coucher dehors. Moi je préfère encore dormir dans cette saleté que de me trouver dormir en pleine forêt, j'ai qu'à même trop peur dans le noir et des bêtes.

Tout à coup "on" entend des ronflements, pas les mêmes que ceux de notre père, mais beaucoup plus fort, on dirait le bruit d'un vieux moteur qui ne peut pas démarrer. Je dis alors à ma sœur que le géant doit dormir.

Sans manger et trop fatiguée, Sarah dort maintenant et je crois que je vais faire la même chose, je ne peux plus garder mes yeux ouverts. Je crois que je dors.

Tout a coup je suis réveillé par des 'toc, toc, toc, toc', je regarde vers la fenêtre et j'aperçois un gros oiseau tout noir avec un long, très long bec. Je me lève pour voir de plus près, et l'oiseau me fait signe d'approcher. Il me fait comprendre avec son bec d'ouvrir la fenêtre, ce que je fais aussitôt. J'obéis et quand la baie est poussée, là je ne comprends plus rien, ce n'est pas un oiseau tout noir mais plutôt tout blanc avec un long bec rouge et le bout de ses ailles un peu noir.
Je me demandais comme avait –il- fait pour changer de couleur aussi vite, je suis niais, j'ai vu a travers les carreaux enfumés, donc le blanc était noir a travers les vitres.

- Que faites-vous ici chez le 'charbonnier'?
Je lui dis qu'on n'avait pas été sage, fait des bêtises et que notre Papa avait voulu nous punir. Mais que depuis que nous étions dans cette cabane, on avait très peur et qu'on regrette de ne pas avoir écouté.

La cigogne nous dit:
- Si vous me promettez de ne plus désobéir je vous ramène chez vous.

Entre temps Sarah s'était rapprochée et disait
- Cigogne tu ne peux pas nous ramener car tu n'as pas de voiture. Et c'est bien loin notre maison.
- C'est sur mon dos que je vous ramènerai, vous ne risquez rien.
Je vois la figure que fait ma sœur, elle doute de la cigogne, de toutes façons je veux rentrer le plutôt possible, et puis si elle a peur elle restera.

Nous promettons à la cigogne de ne plus faire crier nos parents et d'être obéissants, je promets même de bien travailler à l'école. Pour cette partie, je ne sais pas si je vais pouvoir tenir longtemps ma promesse, pour l'école je suis vite fatigué. On verra bien.

Alors ma sœur décide de rentrer avec nous, elle a "la frousse" de rester seule. La cigogne me dit de monter sur son dos et de me tenir à son cou, c'est facile, le cou est très long. Ma sœur est assise derrière moi et entoure ma taille avec ses bras. Tiens c'est bizarre, elle ne me fait pas de chatouilles, ce n'est pas d'elle? Oh! comme je voudrais qu'elle soit toujours aussi sage qu'en ce moment.

La cigogne prend son élan et nous voilà dans le ciel. Il a une belle lune, et "ça" nous permet de voir ce qui se passe sous nous.

C'est vraiment beau, on voit les toits de maisons, les faîtes des arbres? . Je ne savais  pas que c'était si beau de voir tout à l'envers. En plus la gentille cigogne nous explique au fur à mesure ce qu'on survole. Vraiment c'est presque un voyage touristique comme font les grands-parents quand ils sont dans les cars pour visiter, un monsieur leur explique tout dans un appareil qu'on appelle 'micro'.
Et bien nous sans 'micro' c'est sûrement plus beau que les voyages des papis et mamies.

Tout a coup la cigogne nous demande de bien regarder en bas et de lui signaler dès qu'"on" survolerait notre jardin.
Voilà! Je reconnais le jardin mais je ne vois pas la voiture de notre Père.
La cigogne alors descend très vite, et on atterrit comme dans un avion.

Ça dû faire pas mal de bruit, on voit arriver Maman. Elle ouvre de grands yeux. Elle ne veut pas croire que nous sommes arrivés sur le dos de notre nouvelle amie. Elle nous fait pleins de bisous et  sous l'œil vigilant de la cigogne nous lui promettons de plus faire de bêtise. Maman dit que papa était retourné nous chercher, il ne voulait plus nous laisser chez le géant, il nous aimait trop pour cela. Il va bien être attrapé quand il va plus nous voir chez le 'charbonnier'.

Nous faisons des milliers de bisous à notre cigogne adorée, lui promettons tout ce qu'elle nous demande. Après quelques petits pas rapides, elle prend son envol. Maintenant elle est très haut dans le ciel. Avec ma sœur, "on" se dit peut être qu'elle viendra nous revoir un de ces jours. Comme je voudrais voler moi aussi, j'aurai au moins ma sœur un peu plus loin a moins qu'elle veuille encore m'accompagner.

Mon histoire est terminée, il faut que je vous dise la vérité, avec ma sœur "on" n'a pas été capable de tenir nos promesses, "on" est toujours aussi bruyant. Quant à l'école il vaut mieux ne pas en parler.
Quant à celui qui a écrit cette histoire m'a relu ce que j'avais dicté, je n'ai pas été très content, il y a encore pas mal de mots dont je ne sais pas ce qu'ils veulent bien dire. Aussi si l'histoire ne vous plaît pas, ce n'est pas de ma faute, mais c'est celle de celui qui a écrit. De toute façon je ne lui donne pas les bonbons promis, il ne s'est pas assez appliqué. C'est le maître qui dit toujours "ça", pas de récompense pour un mauvais travail. Vous savez quoi ? . Et bien je n'ai jamais de récompense à l'école donc pas de bonbon. Ça m'est égal, mon copain me passe les siens, il n'aime pas le doux.
Je remercie tout le monde d'avoir eu la patience de lire mon histoire toute droite sortie d'un rêve que j'ai fait..

FIN


Par Rovigo
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Samedi 18 juin 2005

Ces faits me sont arrivés cela fait plus de trente ans. Ils sont véridiques, bien qu’à première vue ils puissent paraître invraisemblables.

C’était l’hiver, une pluie glaciale tombait depuis le matin. Vingt heures, je terminai ma journée de labeur et je me dirigeais assez rapidement comme beaucoup de gens, le froid m’y obligeant, vers la bouche de métro pour rentrer chez moi.
Très peu d’usagers dans la voiture qui m’accueillit. Seulement un petit groupe de jeunes gens qui parlaient assez gaiement, discutaient de tout et de rien. J’avisai une place libre afin de lire une revue d’accompagnement dans ces longs et ennuyeux trajets quotidiens. Après une journée de travail, les voyages n’étaient pas loin sans faut touristiques. Il me tardait de rejoindre mes pénates, au chaud et calme loin de ce monde bruyant et sans âme.
A la station suivante, pas mal de monde prend place dans l’univers provisoire auquel sont soudés pour un temps toutes ces personnes dont les projets sont tous identiques.
Parmi ces usagers du métro, un couple attire mon attention.
L’homme était vêtu d’une façon qui m’a de suite intriguée. De même taille et corpulence, notre ressemblance était sans équivoque. Veste et pantalon étaient de même teinte que les miens. La casquette en drap noire de marin était jumelle de celle qui était vissée sur mon crâne. J’avais devant moi, mon clone. Sur le moment j’étais interloqué, mais sans plus. Nous ne vivons plus à l’époque où les gens devaient être vêtus d’une façon sélective, porter la même cravate de son collègue, était considérer comme manque de bon goût.
Levant le nez de ma lecture, mouvement commandé par un effet auditif inaccoutumé recueilli par mon cerveau, assailli par le réseau transporteur de signaux venant de mon ouie. Si on peut fermer les yeux pour ne pas voir, on ne peut hélas endiguer le flux bruyant envahir nos chères oreilles. Boucher ou fermer ses oreilles, l’homme est impuissant sur ce sujet. Ce couple discutant assez fort, sans aucune retenue, n’avait pas l’air de se gêner quant au rapport avec leur voisinage.
Un œil sur ma lecture et pavillons réceptionnaires dirigés vers les sons, j’écoutai tout en essayant de comprendre les motifs de leur mésentente.

Le groupe de jeunes gens ne parlaient plus. Anxieux ils épiaient tout changement et comportement dans les voix éraillées par la colère qui leur arrivaient. Le degré du ton s’amplifiait d’une façon très inquiétante. Malgré la hauteur des voix, nous ne pouvions pas comprendre les échanges parolières qui s’échangeaient d’un visage à l’autre.

De temps en temps quelques bribes compréhensibles perçaient l’épais bruit de fond de roulement de notre voiture.

Mes pensées envolées, je n’arrivais pas à faire le point sur ma lecture ni sur la discussion très animée de ce fameux couple. Lire et écouter, cela ne m’a jamais réussi. J’en étais incapable. Mon cerveau n’a jamais eu la faculté de traiter deux choses à la fois.
Après s’être légèrement déplacé, de ma position assise, je ne voyais plus très bien le couple. Seuls les sons troubles, incompréhensibles m’arrivaient, ma machine intellectuelle construisait les scènes d’une façon très imaginative d’après le rapport des flux auditifs.
J’étais en quelques sortes à moitié dans les vapes, lorsque des cris stridents marquants une douleur inhumaine me rappellent à la réalité. D’autres hurlements rejoignent les premiers, ceux des personnes présentes de visu à la scène qui se déroulait sous leurs propres yeux. A moitié éveillé, sorti tout juste d’une brève somnolence que j’avais dû pour un laps de temps vraiment court empruntée à Morphée. Donc sans que j’en décide, c’est mon subconscient qui prend la direction de toute ma personne. Alors très rapidement réveillé, je me trouve debout, me dirige vers la source d’où venaient ces hurlements déchirants de douleurs.
Devant moi à deux mètres se déroule une scène macabre. Je suis devant mon sosie vestimentaire armé d’un couteau ensanglanté, frappant sans relâche la malheureuse femme qui l’accompagnait depuis la précédente station. La poitrine de la victime était rouge de sang. Ce dernier s’échappait par flot et par à-coups. Toutes imaginations étaient étrangères de mon vécu. Cette scène était pour moi incompréhensible. Par les blessures béantes, la malheureuse se vidait de son sang.
Ce passage de cette histoire décrit n’est en aucun cas marque de forfanterie…..
Là, je ne sais comment l’expliquer, par un reflex étranger à ma propre volonté, je me jette sur l’assassin et au moment d’essayer de le désarmer, la femme dans un sursaut de survie se trouve dans mes bras, s’accrochant aux revers de ma veste. Son regard implorant aide restera graver à tout jamais en moi. Des yeux qui savent déjà que d’ici peu, ils seront éteints à tout jamais. Dans un dernier râle, elle s’effondre, tombe à terre et reste dans une inertie complète.
Sans réfléchir, sans calculer le danger je me jette sur l’homme armé de son poignard. J’évite de justesse la lame tueuse et d’un coup de genou dans le bas ventre suivi d’une clé de self combat seul héritage des trente six mois passés sous les drapeaux, le couteau lui échappe, je m’en approprie aussitôt.
L’homme m’échappe, court du côté opposé, le métro s’arrête à la station et l’assassin en profite pour disparaître sur le quai. C’est alors que je constate mon état vestimentaire. Rouge et je suis recouvert d’hémoglobine de la malheureuse victime. En tombant dans mes bras, celle-ci m’avait recouvert de son sang.
Je me retourne vers la victime qui est toujours à terre, la lame tueuse dans ma main. Je ressens plus un seul signe de vie de la malheureuse. Je reste pétrifié sans plus un seul mouvement, tel la femme de Lot transformée en statue de sel, je suis incapable de réagir. Mon cerveau est sans réaction, léthargie complète.

Je sens sur moi des regards interrogateurs et soupçonneux. Des murmures entre voyageurs m’arrivent par bribes. La rame s’apprêtait à repartir quand un jeune homme tire le signal d’alarme. Notre moyen de locomotion s’arrête brusquement. Je suis de suite entouré de personnes qui me dévisagent durement, montrant une ferme décision à ne pas me laisser libre. Mais que m’arrive-t-il ? Les colères s’amplifient, je ressens une montagne d’animosités à mon égard. J’ai alors droit aux crachats, aux coups portés par derrière ma personne, les reins brisés de douleurs. J’essaie de leur dire que je n’y suis pour rien, leur réponse est cinglante, on ne peut pas faire d’erreur, je suis reconnu par la veste beige, le pantalon et casquette de marine. L’assassin était vêtu de la même façon.. Cela me revient aussi d’avoir fait la remarque au sujet de l’accoutrement de l’homme.
Va-t-il avoir un second meurtre ? Serais-ce la deuxième victime. Je vais finir par le croire. Pas une seule fois mes agresseurs n’ont voulu m’entendre. C’était moi l’assassin, le sang sur mes vêtements le démontrait. Je ne pouvais plus prononcer une seule syllabe, trop de dents avaient quitté leurs enchâssements, chassés par les coups redoublés envers ma personne. Mon calvaire allait-t-il durer ? Je ne vois plus rien, paupières éclatées, tout tourne autour de moi, je trébuche et tombe à terre, je n’entends plus rien, je suis évanoui. Un repos mérité.
Je devine devant les portes de la voiture, un groupe d’hommes, des policiers. Accompagné du chef de rame, je crois. Je suis réveillé par un seau d’eau jeté sur mon visage. En reprenant mes esprits, je crois être enfin hors coups, c’est un rêve… Mon calvaire reprend car maintenant c’est au tour des policiers d’entrer en action, de nouveau les coups pleuvent, des coups donnés par des spécialistes de cette besogne, chaque coup porte, pas un seul est manqué, a leurs tours de remplacer mes premiers agresseurs. Je n’en peux plus, tout tourne de nouveau autour de moi, mes oreilles sifflent, du sang en coule. De nouveau je passe de l’autre côté de la vie normale, je ne sais plus ce que je deviens… Mon corps inerte ne donne plus signe de vitalité. Je ne suis plus de ce monde.

Je suis réveillé par un seau d’eau glacé pour la seconde fois. Je n’arrive plus a ouvrir les yeux, les paupières sont soudées, réfractaires au jour. Un œil après pas mal d’essais est enfin entrebâillé. Je devine que je suis dans une salle d’interrogations dans un commissariat. Je suis fouillé au corps afin d’éviter que l’inculpé ne puisse se servir d’une arme éventuelle. Ne pouvant répondre aux premières questions, mes papiers pris dans ma poche sont consultés. Mes mains sont gonflées comme des baudruches, il est décidé de me démenotter afin que je puisse éventuellement signer mes aveux.

Mais les questions posées sont sans réponse, une avalanche de coup s’abat sur ma personne. Je n’en peux plus et suis révolté de voir la façon dont je suis traité. Mu par je ne sais quel pouvoir, je me précipite sur un de mes geôliers et lui envoie un terrible coup de revers de main sur la pomme d’Adam. Il tombe à terre et ne bouge plus. Ses co-équipiers le voyant pratiquement mort, m’assaillent de nouveau. Un second policier se trouve à terre. Soudain un canon de pistolet se trouve devant mon front. La main qui tient l’arme ne tremble pas. On est loin de vouloir me faire peur, on appelle cela de la légitime défense. Je ne comprends plus rien, je vais mourir. Oh bavure. Je n’ai pas le temps de penser à personne, une flamme jaillit du canon, et sens en moi une brûlure atroce. Tout tourne, je suis en train de mourir. Sûrement pour la dernière fois sort de ma gorge un cri strident en essayant de me dégager de la mort quant tout à coup j’entends tout près de moi, une voix familière celle de mon épouse qui me dit « Réveille-toi, tu fais un cauchemar » .
Trempé jusqu’aux os, palpant ma poitrine, je suis à la recherche de mes blessures. Elles sont vaines, je n’ai pas de sang sur moi, mes dents sont toujours à leurs places. Mais que s’est-il passé. Ma femme me dit qu’après avoir crié, j’ai donné des coups de pieds dans tous les sens, elle n’a pas pu éviter une gifle qui ne lui était pas destinée.
Mon histoire est finie, j’ai d’ailleurs passé une très mauvaise journée, car mon cerveau était tout imbibé de ce cauchemar. Ce jour là je n’ai pu me rendre à mon travail trop secoué par cette aventure nocturne.
Trente ans après je m’en souviens encore très précisément alors que je suis incapable de me souvenir du rêve de la nuit avant.
Merci d’avoir lu mon histoire jusqu’à la fin car cette histoire cauchemardesque est véridique, je n’ai rien ajouté, cela peut arriver à tout le monde car les enfants ne sont pas seuls à faire des cauchemars.

Par Rovigo
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J’ai créé ce blog pour partager avec les lecteurs et lectrices mes réactions quant au comportement de certains personnages et institutions. Je suis de temps en temps, rouspéteur, agressif, explosif même mais reste toujours réaliste, j’essaie de garder contact avec la vie de tous les jours. Je m’intéresse à beaucoup de sujets, je ne suis pas seulement rouspéteur, agressif etc…. J’aime aussi la vie et les gens et ne veux pas rester en dehors du monde des « vivants » . Mes articles reflètent mon esprit critique et mon caractère. Pardon à tous ceux qui se sentent visés lors de mes attaques. Servez-vous des commentaires pour me contredire ou pour m’approuver. Ayant déjà beaucoup vécu, je voudrai tant que les jeunes générations soient épargnées des tourments de la vie moderne.

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